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Ici Narration = Sept Scènes en Salles intérieures

Editeur: Mylène Lauzon

Mylène Lauzon travaille principalement au sein de compagnies de danse contemporaine.
 

Ici Narration  =  Sept Scènes en Salles intérieures

 

Scène Un - Performance

 

 

Sol en bête béton
Mur
Mur du fond en papier de riz blanc

 

Un canapé bourgogne usé
Des corps
Plusieurs années le poids des corps les soubresauts des corps ont usé

 

Sur le canapé
Une robe
Une robe blanche
Une robe blanche en papier mâchée

 

Un grand verre d'eau sur le bête béton à côté du canapé

 

Une femme entre en scène
Nue
Cheveux blancs  
Poils pubiens blancs 
Age trentaine plus dix ou vingt peut-être le double moins cinq
Les poils pubiens sont blancs le corps plutôt lisse muscles

 

La femme regarde sur le canapé la robe
Regarde la robe blanche en papier mâché

 

La femme plie les genoux
Prend le verre d'eau avec les deux mains
Se redresse
Boit tout ce qu'il y a dans le verre l'eau
Dépose le verre de vide au sol

 

La femme aux cheveux blancs ne s'est pas déplacée depuis son entrée
Sauf pour
La femme regarde sur le canapé la robe
Regarde la robe blanche en papier mâché
Elle s'en approche
La soulève l'allonge face à nous sur elle la retient sur elle par la taille
La robe lui ferait comme un gant

 

Elle monte sur le canapé bourgogne
Face à nous toujours mains sur la taille dessous la robe
Ensuite elle ouvre la bouche ouvre la bouche très grand
Son bras libre s'élance dans les airs elle chante
L'époque de sa robe sans voix bouche ouverte très grande ouverte
Le bras qui chante en l'air dans le silence de la bouche prend à l'épaule la robe
La lance la lance dans les airs vers nous elle tombe
La robe en papier mâchée sur le bête béton devant elle devant nous
Est tombée la robe blanche en papier mâchée

 

La femme aux poils pubiens blancs sur le canapé sautille
Comme une enfant sur le canapé sautille puis saute pieds joints plus haut
Plus haut puis se laisse rebondir sur les fesses sur le canapé
Une fois deux fois trois fois comme une enfant
Ses cheveux blancs dans les airs comme une robe se confondent avec le mur
Derrière et dans les airs du riz blanc

 

Elle enfant qui sautille arrête
Se repositionne debout près du verre de vide au sol à côté du canapé bourgogne
Elle regarde la robe blanche en papier mâché tombée
Elle pivote fait demi-tour sur elle-même
Et chante de tout son corps à l'extérieur de son corps allant et nu
Jusqu'à sa sortie de scène
Oups I did it again

 

 

 

 

Scène Deux - Série photographique

 

 

Pieds et fines chevilles dans talon aiguille

 

Un cou un visage d'homme ses yeux ses cheveux sous l'eau
premier plan sa gorge sa bouche qui elles ne sont toujours pas sous l'eau
il n'est toujours pas noyé

 

Un ventre gonflé un nombril éclaté un enfant pas encore né
second plan un canapé bourgogne

 

Un gorille
plan américain

 

Une femme dans le vestibule d'un appartement se défaisant de sa veste
un sac d'épicerie à la main et détergent liquide ultra doux


Les yeux clairs d'un père


Un tigre en cage
rugissement


Une femme qui embrasse le torse d'un homme


Des écrevisses
des traces d'écrevisses
beaucoup d'écrevisses dans le sable


Une femme qui embrasse l'épaule d'un homme


Cuisse ventre
mains sur les hanches
culotte blanche sur ventre plat


Deux éléphants


Échographie petit garçon


La  main d'une femme dans la main d'un homme
second plan vêtement accroché sur une corde
il y a du vent les vêtements sont blancs

 

Scène Trois - Séquence filmée

 

Robe bleue cabine téléphonique grand boulevard
Affolée une femme n'a plus d'argent
Même pas de quoi téléphoner
Qui d'ailleurs

 

Scène Quatre - Séquence filmée

 

 

Un petit garçon d’environ cinq ans prend la balance la seule balance de la maison et va vers son papa lui demande: «Papa papa combien pèse une balance? NON noooon  com   bien pèZe cet  te ba lan ce- ci? » Le papa regarde son enfant, lui fait un sourire de cinq ans; son petit garçon est un génie.

 

 

 

 

Scène Cinq - Performance

 

 

Lieu cuisine
Son premier cliquetis d'une horloge
L'aiguille des secondes résonne
Dans la cuisine
Un frigo ouvert et vide éclaire les pieds d'une femme
Là assise devant nous
Le frigo seule lumière de la cuisine
Éclaire  les pieds d'une femme
Dont on entend confus les faibles pleures les faibles rires
Les pieds l'un dans  une tarte aux pommes de terres
L'autre dans une omelette aux pommes de terres
La femme bouge les orteils les pieds les talons les pieds
Presqu'avec tendresse
Dans les plats jusqu'ici sous elle le sol encore chaud et doux
Son enfant dort

 

 

 

Scène Six - Sculpture

 

 

Une boule en papier mâché carton brun
Une boule suspendue en papier mâché carton brun
Des rails que des rails
Et des trains en surface et la traversant
Des rails que des rails
Et des trains en surface et la traversant
Une boule en papier mâché carton brun sans  intérieurs eaux sans villes
Sans personnes dans les trains moins nombreux que les rails

 

 

 

Scène Sept - Écriture

 

 

Ici Narration  =  Sept scènes en salles intérieures  = Voix Espace Mouvement Matière  =  Art = Rien à voir avec mon sexe = Même si  une femme = J'appelle ma copine et je lui raconte en détails ma baise d'hier = Tu n'es pas ma copine = Je suis déçue et préoccupée = Dans une salle divers bruits j’enregistre = Faire avec = Je pense = Interaction Environnement Composante = Rester dans l’actualité = Une panthère blanche ça n’existe pas = Affirmation.

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Les Chroniques de MF

Jacques Henric "… Il n’était ni l’un ni l’autre, Alain Robbe-Grillet, qui vient de mourir à l’âge de 86 ans. Rien qu’un écrivain, tout simplement. Et un écrivain qui, précisément, s’en est pris d’entrée à l’increvable pathos romantique selon lequel l’acte d’écrire relèverait d’une nécessité absolue. La posture oraculaire du dieu tonnant ses vérités n’a jamais été la sienne. « Moi, en tout cas, déclarait-il en 2001, je peux vivre sans écrire ». « Pas sans vin rouge », ajoutait-il. Logique que la veille de sa mort, la première chose qu’il ait réclamée : une bouteille de bordeaux."
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