Sections
Espaces
Vous êtes ici : Accueil Espaces Politiques Articles Le rôle de l’éducation dans le développement économique des États-Unis : le cas du GI Bill

Auteur: Jacques Brasseul

Jacques Brasseul est professeur de Sciences Économiques à la Faculté de Sciences Economiques et de Gestion de l’Université de Toulon et du Var.
 

Le rôle de l’éducation dans le développement économique des États-Unis : le cas du GI Bill

"Pourquoi les Etats-Unis sont number 1 ? Grâce à la démocratisation précoce de l’éducation, le premier pays à l’avoir réalisée en fait."

« L'éducation des enfants est une chose à quoi il faut s'attacher fortement. » (Géronte)
Molière, Les Fourberies de Scapin, acte II, scène 1

 

Bénéficiaires du GI Bill, Indiana University

 

 

Introduction

L’éducation joue un rôle essentiel dans le développement économique, et un des facteurs explicatifs importants des écarts de niveaux de vie entre pays est la plus ou moins grande précocité historique des progrès éducatifs. Si on considère des pays continents de taille et de poids comparables comme les États-Unis, la Russie, l’Inde ou la Chine, le fait que le premier soit devenu de loin la première puissance économique mondiale est lié à la mise en place d’un système éducatif primaire généralisé dès le XIXe siècle, puis secondaire et tertiaire dans la première partie du XXe. La démocratisation précoce de l’enseignement aux États-Unis est une des raisons de leur développement rapide, comme cela a été aussi le cas pour les pays européens et leurs rejetons outre-mer : pays scandinaves, pays germaniques (Allemagne, Hollande, Belgique, Autriche, Suisse), pays anglo-saxons (Grande-Bretagne, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande) ou latins (France, Belgique, Suisse).

On examinera tout d’abord les liens historiques éducation/développement, puis l’évolution aux États-Unis avant la Deuxième Guerre mondiale, avant de considérer le cas particulier de la démocratisation de l’enseignement supérieur à travers le GI Bill de 1944.

 

 

I  Éducation et développement : quelques repères

“Upon the education of the people of this country the fate of this country depends.”

Benjamin Disraeli, Chambre des Communes, 15 juin 1874

 

Les travaux pionniers de Mincer (1958), Schultz (1963) et Becker (1964) ont montré le rôle et la spécificité du capital humain (1), l’importance de la formation pour expliquer les revenus des individus (2), tandis que l’éducation comme moteur de la croissance économique a été plus récemment analysée par Romer, Lucas (3), Mankiw ou Barro (4). D’autres auteurs comme Lindert (1994) insistent sur une causalité inverse, la hausse des revenus ayant favorisé les progrès de l’éducation, même si on peut considérer que les effets et les causes sont ici entremêlés, les seconds étant à la fois cause et conséquences de la première.

Le développement de l’éducation de masse est lié à la croissance par le biais essentiellement de l’aptitude à maîtriser et à adopter les processus techniques, même si l’éducation, par exemple des Humanités (Lettre, histoire, philosophie, etc.) a peu de rapport avec la technique, le lien est indirect, car l’enseignement des techniques est en quelque sorte un sous-produit d’une éducation de masse, par l’intermédiaire de tous les enseignements logiques (physique, chimie, mathématiques, sciences de la vie, etc.) et des établissements d’enseignement professionnel ou spécialisé. On peut établir ainsi un schéma simple, mais solide, vérifié par l’expérience historique :


Éducation de masse précoce -> Maîtrise technique répandue -> Croissance économique sur le long terme -> Niveaux de vie élevés



Facteurs des progrès éducatifs

Mais si le rôle de l’éducation n’est guère contesté dans la croissance, d’où vient que certains pays l’ont développée avant les autres ? Pendant longtemps l’éducation a été du seul ressort des parents, dans les sociétés grecques et romaines par exemple, où les autorités requéraient d’eux cette contribution, et bien sûr à leurs frais. L’injonction biblique d’enseigner aux enfants à lire et à comprendre la Torah (5), et donc à l’observer, se traduit chez les Hébreux par une des premières formes d’éducation pour tous. Les cursus, l’emploi du temps des enseignants, la taille des classes, les mesures disciplinaires, tout cela est discuté dans le Talmud (6). Des écoles administrées par les autorités publiques sont établies, mais non gratuites, non financées par celles-ci, sauf pour les orphelins et les pauvres.

En dehors de cette origine lointaine, l’éducation reste surtout confinée au foyer, jusqu’à l’avènement de la Réforme protestante, au XVIe siècle. Des lois imposant l’école obligatoire apparaissent ensuite dans les États allemands et en Autriche-Hongrie (7), ainsi que dans les colonies britanniques en Amérique, notamment chez les puritains du Massachusetts (8). La Révolution française, sous Robespierre et Saint Just, préconise, sans pouvoir la mettre en place, une éducation publique, qui serait déjà gratuite, laïque et obligatoire. Thomas Paine, alors actif révolutionnaire en France et citoyen français, délégué girondin à la Convention, écrit dans ce sens :

 

 « L’ignorance sera bannie des générations à venir, et le nombre de pauvres se réduira, car leurs capacités, grâce à l’éducation, seront plus élevées. Une nation sous un bon gouvernement ne devrait permettre à personne de rester sans éducation. Ce sont les gouvernements monarchiques et aristocratiques seulement qui requièrent l’ignorance pour se conforter. » (9)

 

Pour les niveaux d’éducation au XIXe siècle, l’Allemagne vient en tête avec 77 % de taux de scolarisation dans le primaire en 1830, suivie par les pays scandinaves, 66 %, les États-Unis, 56 %, l’Angleterre, 41 %, la France, 39 %, le Japon, environ 30 %. Des pays comme la Russie, le Brésil, l’Inde tournaient autour de 4 % à cette époque (Easterlin, 2000). L’Angleterre rend l’école élémentaire obligatoire en 1870 et l’école secondaire gratuite pour tous en 1944.

 

Tableau 1  Taux de scolarisation à l’école primaire, nombre d’élèves pour 10 000 habitants

 

 

1830

1882

1910

1939

1950

1975

États-Unis

1500

1908

 

 

 

 

Allemagne

1700

1547

 

 

 

 

Grande-Br.

900

1107

 

 

 

 

France

700

1382

 

 

 

 

Espagne

400

1049

1026

1535***

 

 

Italie

300

681

927

1313

 

 

Yougoslavie

 

303

512

888

 

 

Roumanie

 

261

839

1581

 

 

Russie

 

133

395

1873

 

 

Japon

 

722

1240

1695

 

 

Chine

 

 

115**

329

861

 

Corée

 

 

27

501

1151

 

Thaïlande

 

 

9

939

1490

 

Indonésie

 

57*

96

338

613

1345

Brésil

 

207

271

854

979

1866

Mexique

 

457

563

1314

1072

1905

Argentine

 

511

944

1417

1286

1399

Inde

 

94*

147

279

513

1082

Égypte

 

4

171

687

662

1107

Iran

 

 

6

213

457

1353

Turquie

 

 

201**

464

776

1376

Nigeria

 

 

12

103

399

820

Éthiopie

 

 

 

 

49

366

* 1890   ** 1920   *** 1930          

NB Les pays ayant atteint un niveau d’éducation élevé sont en jaune, ceux n’ayant pas encore débuté un enseignement primaire sont en bleu. Source : Easterlin, 1981

 

Le tableau 1 ci-dessus montre la précocité des progrès éducatifs primaires dans les pays protestants, notamment aux États-Unis, mais aussi dans quelques pays latins comme la France, et également le rattrapage rapide des pays asiatiques au XXe siècle. White (1996) rappelle que seulement 3 % de la population était illettrée en 1948 aux États-Unis, ce qui n’était atteint par aucun autre pays de taille comparable. Le niveau d’éducation était en hausse, et l’éducation était portée à un plus grand nombre de jeunes gens que dans aucun autre pays. Le nombre d’étudiants dans des universités américaines égalait tous ceux de l’ensemble des autres pays du monde occidental.

 

Le protestantisme est ainsi considéré par des auteurs comme Easterlin (2000) comme une des premières causes des progrès éducatifs :

 

« Ces différences des niveaux éducatifs du XIXe sont le produit de tendances qui remontent au XVIe siècle, bien avant les débuts de la croissance économique moderne, des tendances liées en partie à la Réforme protestante et l’insistance sur la nécessité pour chaque individu d’être capable de lire la Bible lui-même (10) (Cipolla, 1969, Easterlin, 1981). Martin Luther préconisa en outre le premier la nécessité d’une intervention des autorités publiques dans l’éducation, et en particulier la promulgation de lois imposant la scolarisation. Parmi les pays d’Europe occidentale et leurs créations outre-mer, le rang relativement mauvais de l’Angleterre peut en partie refléter le fait que la doctrine protestante anglicane est restée comme la doctrine catholique romaine, sans l’accent sur la lecture de la Bible, caractéristique des autres sectes protestantes. … En Angleterre, c’est la minorité des non-conformistes qui sont à la pointe de la scolarisation, et aux États-Unis ce sont les États du nord, peuplés et largement dominés au départ par ces mêmes sectes dissidentes, qui se caractérisent par un haut niveau d’éducation. »

 

Ainsi, ce ne serait pas tant l’éthique protestante elle-même qui a favorisé le développement capitaliste, comme le décrivait Max Weber, mais une partie de cette éthique, l’accent sur la nécessaire alphabétisation, et donc l’éducation, qui aurait favorisé le développement économique dans les pays protestants.

Un deuxième facteur serait l’humanisme et l’influence des lumières. Les monarchies éclairées du XVIIIe tentent ainsi de réduire le crime et de promouvoir les vertus civiques en développant l’éducation. L’influence du juriste italien Cesare Beccaria, avec son Traité des délits et des peines (« Tratto dei delitti e delle pene », 1764), visant à prévenir le crime par l’éducation, a été considérable dans toute l’Europe. Les idées des lumières sont en France l’élément essentiel des progrès éducatifs :

 

« L’humanisme prêchait la possibilité d’un perfectionnement ultime de l’humanité, et poussa ainsi à une vision favorable à l’éducation de masse » (Easterlin) …

« En définitive, les Français se dédièrent aux idées dérivées de l’humanisme, plus qu’à celles du catholicisme romain ou des théologies protestantes, un développement qui eut de profondes conséquences éducatives » (Thut et Adams, 1964).

 

Enfin un troisième élément à l’origine des progrès éducatifs, également très fort en France, est le nationalisme, et la volonté de l’État central d’unifier le pays et de favoriser une appartenance commune. La création d’écoles sous Louis-Philippe par la loi Guizot (11), puis les fameux « hussards noirs de la République » de Ferry à la fin du siècle, les langues régionales réprimées, les fameux Nos ancêtres les Gaulois…, tout cela participe évidemment à cette entreprise. On peut citer aussi l’Allemagne de Bismarck pendant le Kulturkampf tentant de forcer les Polonais à s’intégrer à l’école et à l’empire (voir Lamberti, 1989). L’école a un but d’intégration et de socialisation qui justifie l’intervention publique.

 

Rôle de l’État

L’idée que l’éducation doive être gratuite et dispensée par l’État est exprimée par les courants les plus divers, y compris les plus libéraux. Car sans l’intervention publique, l’éducation ne serait pas dispensée du tout. Elle promeut la cohésion sociale entre groupes disparates et peut réduire les tensions ethniques en fournissant un noyau de normes communes, des normes qui consolident la confiance et favorisent les interactions entre les individus. C’est ce qu’expliquent par exemple Adam Smith, John Stuart Mill ou Milton Friedman, des sociologues comme Durkheim, ou des auteurs marxistes :

 

« L’homme dont la vie entière est consacrée à réaliser des opérations simples… devient en général aussi stupide et ignorant qu’il est possible de l’être à une créature humaine… Bien que l’État n’ait à retirer aucun avantage immédiat de l’instruction des rangs inférieurs de la population, il devrait néanmoins consacrer son attention à ce qu’ils ne soient pas laissés complètement sans éducation. » (12)

 

« Mais il y a d’autres choses pour lesquelles la demande du marché n’est en aucune façon un critère, des choses pour lesquelles l’utilité ne consiste pas à satisfaire des inclinations, ni à servir des usages quotidiens, et dont le besoin est le plus grand lorsqu’il est le moins ressenti. … Il arrivera continuellement, dans un système de marché, que, la fin n’étant pas désirée, les moyens ne soient pas mis en œuvre. … Il est donc tout à fait admissible en principe que l’éducation soit une de ces choses que le gouvernement devrait fournir à la population. » (13)

 

« Une société stable et démocratique est impossible sans un niveau minimum de connaissances et de maîtrise de la langue de la part du plus grand nombre et sans l’acceptation répandue d’un ensemble de valeurs communes. L’éducation peut contribuer aux deux. Ainsi, les bénéfices de l’éducation d’un enfant ne vont pas seulement à cet enfant ou ses parents, mais aussi aux autres membres de la société. L’éducation de mon enfant contribue à votre bien-être en favorisant une société stable et démocratique. Il n’est pas possible d’identifier les individus particuliers (ou les familles) qui en bénéficient et donc impossible de faire payer pour les services fournis. … Le problème majeur des États-Unis au XIXe et au début du XXe siècle n’était pas de promouvoir la diversité, mais de créer les valeurs communes essentielles à une société stable… Les immigrants affluaient dans le pays, parlant des langues différentes et suivant des coutumes différentes…L’école publique eut une fonction importante dans cette tâche, à commencer par le fait d’imposer l’anglais comme langue commune. » (14)

 

Ce n’est pas autre chose que ce que disait Rousseau dans l’Émile – livre d’éducation qui a eu un immense retentissement dans l’Europe du XVIIIe siècle –, à savoir que l’éducation doit réconcilier l’estime de soi naturelle et la nécessité de vivre au milieu des autres, dans une société civilisée, permettre d’être à la fois homme et citoyen.

Émile Durkheim a aussi insisté sur le rôle de socialisation de l’école dans toute société, l’inculcation de valeurs définies, d’attitudes souhaitées, qui permettent la vie en commun. C’est cela même qui est critiqué par des auteurs radicaux américains comme Bowles et Gintis (1976), pour qui l’école dans l’Amérique capitaliste ne fait que « reproduire dans ses relations sociales la division sociale du travail du système capitaliste. » Autrement dit, ainsi que le résume Blaug (1985) :

 

« Les écoles du bas de l’échelle inculquent la ponctualité, la concentration, la docilité, le travail de groupe, la persévérance, tandis que celles du sommet développent l’autonomie, l’estime de soi, la polyvalence, la capacité à diriger. L’école élémentaire et secondaire forme la piétaille, les établissements supérieurs les lieutenants et les capitaines de l’économie. Ce qui est requis en bas de la pyramide du travail, c’est la capacité à recevoir des ordres, ce qui est requis au sommet, c’est la capacité à en donner. Les écoles du système capitaliste sont des mini-usines qui promeuvent les mêmes valeurs que celles prisées par le marché. L’usine capitaliste requiert l’obéissance à une autorité centrale, comme l’école capitaliste ; les usines aliènent les travailleurs du produit de leur travail ; ils sont motivés non par la valeur propre de ce travail, mais bien par la promesse des salaires, et les étudiants de la même façon sont motivés par les diplômes du cursus. La compétition plus que la coopération, l’intérêt personnel plus que la camaraderie, gouvernent aussi bien les relations entre travailleurs qu’entre étudiants. Il y a une parfaite correspondance entre le système éducatif et le système économique capitaliste. »

 

La critique qu’on peut faire à cette analyse est que naturellement dans les pays socialistes l’école est également instrumentalisée. On n’imagine mal dans la Russie de Staline ou de Brejnev l’école ne pas être utilisée pour l’intégration des minorités et la défense du système et des institutions ; on voit mal aussi des enseignants y défendre la libre entreprise ou l’économie de marché… Elle l’était en fait beaucoup plus – du fait de l’absence de contre-pouvoirs – que dans les démocraties capitalistes où les maîtres sont souvent hostiles au système. Ainsi la controverse actuelle aux États-Unis où les conservateurs s’élèvent contre ce qu’ils appellent la mainmise des enseignants de gauche (liberals) dans les collèges et universités.

Dans tous les systèmes cependant, l’éducation devient une préoccupation centrale. Une nouvelle religion, celle de la connaissance, tend à se substituer aux anciennes :

 

« Les origines de la croissance économique moderne résident dans l’extension des sciences et la diffusion de l’éducation. Dans un sens plus fondamental cependant, la source de cette ère nouvelle se trouve dans la tendance séculière, rationaliste et matérialiste de la pensée intellectuelle, issue de la Renaissance et de la Réforme – c’est-à-dire qu’en rejetant l’autorité de l’Église médiévale, l’humanité a finalement adopté une nouvelle religion de la connaissance, dont les temples sont les écoles et les universités du monde, et les enseignants ses prêtres, et dont la foi est la croyance dans la science et le pouvoir de l’enquête rationnelle. » Richard Easterlin, 1981

 

 

II  Le développement de l’éducation aux États-Unis avant la guerre

 

Selon la célèbre étude de Denison (1985), sur la période 1929 à 1982, 28 % de la croissance américaine peut être expliquée par les progrès éducatifs, en quantité (durée de formation) et en qualité (meilleures formations), c’est-à-dire par l’amélioration du capital humain. Si on ajoute à cela les progrès technologiques, on tient là les deux éléments fondamentaux de la croissance du pays au XXe siècle :

 

« L’accumulation du capital humain et le progrès technique ont été pour le siècle, ce que l’accumulation du capital physique a été pour le XIXe, le moteur de la croissance » (Goldin, 1998).

 

Le premier jalon des progrès éducatifs est l’ordonnance du Nord-Ouest (Northwest Land Ordinance) en 1787. Il s’agit d’une loi conditionnant toute vente de terre de l’État à l’engagement par les acheteurs qu’une partie des terres serait utilisée à des fins éducatives. Le but était d’éviter une avancée vers les territoires de l’Ouest dans un cadre désordonné, et mettre en place, en même temps que cette avancée, des facilités éducatives. Les pères fondateurs, tel Jefferson, considèrent l’éducation comme nécessaire à la préservation de la démocratie :

 

“I think by far the most important bill is that for the diffusion of knowledge. … No other sure foundation can be devised for the preservation of freedom and happiness. … Preach, my dear sir, a crusade against ignorance; establish and improve the law for educating the common people. Let our countrymen know that the tax that will be paid for this purpose is not more than one part of what will be paid to kings, priests and nobles who will rise up among us if we keep our people ignorant.” Thomas Jefferson (15)

 

 En 1862, la même année que le Homestead Act (attribution de terres gratuites aux familles à l’Ouest), le Morrill Land Grant Act transfère des terres de l’État fédéral aux États locaux dans le but de créer des collèges (établissements d’enseignement supérieur, voir annexe I sur le système éducatif américain), afin d’enseigner les techniques et les arts.

Les États-Unis ont connu lors des deux derniers siècles trois grandes transformations de leur système éducatif : la première concerne l’école primaire (common school ou grade school) et date du milieu du XIXe, l’équivalent des effets de la loi Guizot et des lois Ferry en France ; la seconde est la multiplication des écoles secondaires publiques (public high schools) dans l’entre-deux-guerres ; la troisième concerne l’enseignement supérieur après 1945 (colleges et universités), dans le cadre du GI Bill of Rights (cf. infra).

On peut ajouter le programme Head Start (Longueur d’avance), inspiré du GI