À mes détracteurs martiniquais
Mes chers détracteurs,
Dans une déclaration circulant sur Internet, reprise dans la presse martiniquaise et intitulée « Les néocolonialistes sévissant en Martinique ne nous feront pas taire », vous êtes un certain nombre d’intellectuels martiniquais, si je peux m’exprimer ainsi, dont entre autres Daniel Boukman et Gerry L’Étang, à faire clairement référence à moi comme à un « mercenaire, ‘intellectuel’ guadeloupéen, coutumier de basses œuvres ». Vous, les signataires de cet écrit, assurez Raphaël Confiant de votre solidarité à « l’occasion de cette campagne de diffamation dont il est victime ». Selon vous, ce serait une machination orchestrée par « des petits blancs des dernières colonies françaises » assumant une « caldochisation des esprits » et qui se seraient trouvés des « affidés » comme moi pour réaliser leur basse entreprise. Comme vous allez fort, les gars !
L’accusation est si grossière et si mensongère (personne en Martinique ni en Guadeloupe ou ailleurs ne me prend pour un agent d’un quelconque néocolonialisme) et comme aucun intellectuel martiniquais de renom n’a signé ce texte, j’aurais pu faire l’économie d’une réponse. Mais si je vous appelle mes chers détracteurs, c’est que vous me donnez l’occasion d’opérer une mise au point, notamment à partir de ce qu’il est convenu de nommer désormais « l’affaire Confiant » laquelle a un sens qui dépasse la simple personne de cet écrivain martiniquais. À l’évidence, cette « affaire » suscite un certain malaise chez des intellectuels martiniquais, et plus généralement, dans la communauté intellectuelle antillaise si je peux utiliser cette dernière expression, désarmante de nostalgie. C’est cet embarras que je voudrais interroger ici.
I
J’affirme, en un premier temps, que Raphaël Confiant n’a que ce qu’il mérite. Cet écrivain jouissant d’une certaine renommée, a l’habitude des propos violents dirigés contre les uns ou les autres, sans que l’on comprenne à quelle logique de haine obéit l’intimité de son désir. Mais sa personne ne nous intéresse pas. Rappelons toutefois ses déclarations publiques violentes contre Serge Bilé qui ont beaucoup choqué et nombreux sont les Africains qui ont très mal pris la chose. De plus, au plan strictement moral, comment accepter qu’un universitaire comme Confiant, dans une logique de pouvoir administratif, puisse tomber dans la plus grande des bassesses en accusant un de ses pairs de pédophilie ? Serge Harpin a eu raison de lui intenter un procès qu’il a gagné. Les procédés immoraux de Confiant ne font honneur ni à
Confiant étant un écrivain connu, il était normal que son texte « la faute pardonnable de Dieudonné », adressé sur Internet à un groupe de personnes, fît rapidement le tour des Antilles, puis de
Bref ! Bien que n’étant pas martiniquais, lorsque j’eus connaissance du texte de Confiant, je fus littéralement bouleversé. Je l’adressai tout de suite à
Il m’a semblé alors impératif que la critique de Confiant vienne d’abord des Antillais et non d’autres intellectuels français, Juifs ou non. Pourquoi ?
II
Il nous faut rompre avec un certain communautarisme antillais qui, dans un réflexe de protection collective, nous pousse à être tolérants vis-à-vis de nos propres errements. Ainsi avons-nous tendance à relativiser la xénophobie, l’homophobie et le racisme lorsqu’ils viennent des Antillais eux-mêmes. Parce que ce « communautarisme » antillais favorise ce qu’un
Ainsi, la plus grande erreur que l’on pourrait commettre aux Antilles-Guyane serait d’embrasser la problématique antisémite. Erreur dans laquelle sont tombés certains groupes noirs-américains, Dieudonné,
Tout cela est vite dit, j’en conviens, et il faudrait poursuivre le débat. Mais j’estime que nous devons avoir comme exigence éthique de critiquer le sionisme et toutes ses dérives sans que jamais nous ne soyons suspectés d’antisémitisme. N’en déplaise à André Lucrèce qui dans son texte L’impudeur nous accuse de critiquer Confiant sans avoir pris le temps de dénoncer Finkielkraut, je le cite « Qui, parmi les donneurs de leçons de circonstance, a pris sa plume pour répondre à Finkielkraut ? Qui, parmi les grands névrosés de la morale, a mobilisé les sommités philosophiques pour rappeler à Finkielkraut quelques valeurs enseignées par la philosophie ? Qui parmi les Hauts comités (…) a élevé des protestations contre les propos de Finkielkraut ? », n’en déplaise à l’inénarrable Dédé, j’affirme être le premier, avant Confiant, à l’avoir fait dans un texte largement diffusé aux Antilles et dans la communauté philosophique en France et que Le Monde d’ailleurs avait cité. Dédé Lucrèce le sait. Pourquoi ment-il alors ? C’est incompréhensible ! Mais en aucun cas ma critique de Finkielkraut peut être taxée d’antisémitisme. Remarquons, au passage, que même si nous ne l’avions pas fait, ce n’est pas parce que Finkielkraut parle de façon inadmissible des « Antillais en général » que Confiant est autorisé à parler des « Juifs en général ». En vérité et je l’ai compris, Finkielkraut aime bien se « chamailler » avec Confiant, car tous deux parlent le même langage. C’est un adversaire qui lui va si bien ! J’estime que c’est la problématique Finkielkraut/Confiant qu’il nous faut dépasser si nous voulons aller de l’avant. C’est une logique de l’enfermement produite par l’Occident. Et si l’un des nôtres tombe dans un tel travers, il nous appartient à tous de le rappeler à l’ordre.
III
Mais au-delà de l’affaire Confiant, ce qui me donne le plus à penser dans les Antilles-Guyane d’aujourd’hui, c’est la difficulté d’établir un débat intellectuel authentique et public. Je dis bien public car dans des cercles privés, les discussions ne manquent pas. Je constate cette peur de l’expression publique de ses opinions aussi bien en Guadeloupe qu’en Martinique. Soyons francs : de nombreux intellectuels martiniquais n’apprécient pas les pratiques ni les positions d’un Raphaël Confiant mais ont peur de l’exprimer publiquement tout comme en Guadeloupe on a peur aussi de faire une critique ouverte d’un syndicat comme l’UGTG. Pourquoi ? Parce que, de même que l’UGTG se réfère à une certaine guadeloupéanité et prétend à une légitimité populaire, de même Raphaël Confiant et son allié Jean Bernabé, en se fondant sur un certain nationalisme, en prétendant être les dépositaires d’une conscience nationale martiniquaise, créent le doute et la confusion chez leurs adversaires. Que quelqu’un comme moi puisse oser critiquer publiquement les propos inadmissibles de Confiant et que, de plus, cette critique soit publiée dans un quotidien parisien, voilà qui est jugé comme une trahison à la communauté antillaise. Il est donc facile pour vous, mes pauvres détracteurs, de me traiter d’agent du néocolonialisme. Vous savez bien que cela n’aura aucun effet sur moi, mais nombreux sont les intellectuels antillais qui n’auraient pas aimé être traités de la sorte. La peur de beaucoup de nos intellectuels est double : d’une part, peur d’être hors de la communauté, d’autre part, peur de recevoir des critiques acerbes d’adversaires dont on sait bien qu’ils utiliseront sans vergogne tous les moyens pour faire taire. Serge Harpin en sait quelque chose ! Pinalie aussi qu’on traite de façon lâche de « petit blanc » ! L’étroitesse insulaire de nos espaces communs respectifs, le fait que tout le monde connaît tout le monde et qu’au fond, chacun peut avoir quelque chose à se reprocher ne serait-ce que dans sa vie privée, tout cela rend difficile toute critique positive.
On préfère donc se taire pour avoir la paix. Un tel silence est la honte de beaucoup d’universitaires antillais. Jean Bernabé (et je lui adresse ici franchement et publiquement cette critique) sait très bien jouer du pouvoir universitaire qu’il a su tisser patiemment au cours de ces trente dernières années. Confiant et lui ont su instrumentaliser la pensée d’un
Mais pardonnez-moi, chers détracteurs, je m’écarte du sujet. C’est la tentation du grand large ou l’appel des océans qui me saisit. Mais comprenez, qu’en daignant vous répondre, je puisse avoir besoin d’un peu d’oxygène. Revenons donc à un terrain plus terre-à-terre puisque c’est là qu’il m’est donné de partir pour élever le débat. Je parlais donc du pouvoir universitaire élaboré par Bernabé. Ce qui distingue les nationalistes guadeloupéens des nationalistes martiniquais, c’est que les premiers ont cru à l’indépendance, même de façon mythique et se sont engagés résolument dans des luttes syndicales et politiques où ils ont échoué car il n’y a plus grand monde à revendiquer l’indépendance aujourd’hui. Très tôt, des nationalistes martiniquais comme Bernabé ont compris qu’il fallait faire de l’entrisme dans les institutions, notamment l’université mais aussi dans des institutions politiques comme les assemblées départementales ou les mairies. George L. Mosse a montré dans Les racines intellectuelles du troisième Reich, comment l’idéologie völkisch en Allemagne a triomphé d’abord dans les institutions, en particulier dans l’enseignement, avant de se répandre dans le corps social. Les nationalistes guadeloupéens ont voulu rectifier le tir en faisant alliance avec Lucette Michaux-Chevry mais la chute de dame Lucette les a littéralement déboussolés. D’où leur haine pour Victorin Lurel qu’ils passent leur temps à traiter d’élu franco-français, d’assimilationniste ou de que sais-je encore ? Dans tous les cas, ce que j’appelle le « néo-nationalisme antillais », nationalisme qui ne veut pas réellement de l’indépendance, d’autant plus virulent que l’idée même d’indépendance s’écarte de notre horizon politique (du moins dans les temps actuels), repose sur une profonde ruse : croire qu’on défend les intérêts supérieurs de
Cette logique de pouvoir, platement nationaliste, est le sens de la déclaration de Jean Bernabé sur le « patriotisme universitaire », expression qui n’est qu’un oxymore en vérité. Car si une université est, quant au fond, au service de la société, c’est d’une façon différente de l’action politique. L’université, comme son nom l’indique, est ouverture vers l’universel et c’est dans cette ouverture qu’elle aide la société à progresser car la politique, en réalité, tend toujours à une fermeture. Je me demande comment un universitaire, pour justifier les actes et propos de son ami Confiant, puisse affirmer qu’on ne peut qualifier un Noir qui maltraiterait un Blanc de « raciste » car dit Bernabé, « cela renverse les données historiques en faisant de la victime un bourreau ». J’en ai vraiment marre de ceux de mes compatriotes antillais qui sont toujours victimes mais jamais coupables, comme si le mal ne les habitait pas eux — aussi, comme tous les êtres humains. Je condamne sérieusement cette banalisation du mal qui a cours dans nos pays. Je ne supporte vraiment pas ceux qui passent leur temps à pleurer sur le passé esclavagiste dans le même temps où, comme en Guadeloupe, ils tiennent des propos xénophobes, homophobes ou antisémites. Bernabé appelle les universitaires à se mobiliser contre ceux qui critiquent Confiant « téméraire défenseur, avec la puissance du verbe qui le caractérise, du seul pouvoir dont disposent encore les colonisés de ce pays : le pouvoir intellectuel ». Sans doute Bernabé fait-il référence à la puissance du verbe qu’a eu Raphaël Confiant en traitant injustement un universitaire de pédophile et les Juifs d’« Innommables » et le « pouvoir universitaire » qu’il revendique est dirigé contre des enseignants, en majorité d’origine métropolitaine, que leur honneur et devoir d’universitaires appelait à réagir contre les propos de Confiant, leur collègue. Comme les circonstances universitaires font que les métropolitains sont majoritaires, notamment dans le département d’histoire, ils ont signé avec des professeurs antillais notamment avec les Guadeloupéens Frédéric Régent et Jean-Pierre Sainton, une déclaration condamnant Raphaël Confiant. C’est du pain béni pour Bernabé qui voit là encore un « complot » mené par des gens pour « satisfaire des fantasmes nostalgiques de ‘reconquista’ au sein même du lieu emblématique qu’est notre université ». Tout le monde comprend. L’heure est grave ! À travers les critiques adressées à Confiant, il faut voir un « complot » ourdi encore une fois par les « petits blancs », les néocolonialistes qui œuvrent en s’aidant d’autres ‘intellectuels’ guadeloupéens pour prendre le pouvoir à l’université. Vraiment, de qui se moque-t-on ?
Nous sommes vraiment tombés très bas. Le pire, c’est que Bernabé peut encore convaincre certains universitaires martiniquais. En Guadeloupe, nous avons eu la chance d’expérimenter tous les travers du nationalisme, ce qui nous rend tout de même plus méfiants vis-à-vis de ce genre de discours. Le terme de « petit blanc » utilisé par Confiant et Bernabé, ne vise pas du tout de prétendus néocolonialistes. Mais tout simplement des métropolitains qui nous sont proches. C’est cette « proximité » qui nous trouble. L’évolution des Antilles dans l’ensemble français, le développement de la mondialisation – et là encore, Glissant le montre — rassemblent les cultures même dans la différence. De moins en moins de choses distinguent un jeune antillais d’un jeune américain ou d’un jeune parisien. Or, dit Glissant dans Esthétique 1, « les calamités les plus pernicieuses de la volonté raciste s’exercent d’abord contre les nuances de la différence plutôt qu’à l’encontre des radicalités de l’altérité, de l’altérité. Le ghetto nazi est plus résolu en ce sens que les townships de l’apartheid ». De moins en moins de choses distinguent au fond un Pinalie des intellectuels antillais. Pour ma part, j’ai toujours considéré Pinalie comme un martiniquais. C’est parce que la différence culturelle entre certains métropolitains et nous est devenue plus trouble, plus « nuancée » pour reprendre l’expression de Glissant, que leur présence auprès de nous suscite de la haine. Et nous sommes dans la haine parce que nous sommes incapables de penser une identité ouverte. Et sans doute avons-nous besoin de la référence au « complot ». Ce faisant, nous nous interdisons de penser à nouveaux frais l’avenir de nos pays dans ce monde devenu si riche mais si obscur. Et si les poètes, quand ils sont grands, nous indiquent quelques traces de pensées, une esthétique, comme Glissant l’avoue lui-même, ne pouvant tenir lieu de politique, il nous appartient de créer un espace public de rationalisation de nos pratiques et de nos réflexions.
Si nos sociétés fonctionnent plus sur le mode de la paranoïa que sur celui de la culpabilité, comme l’ont montré certains psychanalystes, c’est que nous avons un rapport flou à la loi. En conséquence, nous fréquentons l’espace public et politique de manière flottante ou détournée et quoi qu’on dise, notre rapport à la politique demeure assimilationniste même dans nos plus ferventes déclarations nationalistes. Tel a été le sens de l’investissement des nationalistes dans les élections du 7 décembre 2003, que j’ai eu l’occasion de dénoncer d’ailleurs. C’est cette fragilité de notre espace public qui permet de comprendre que nous possédons beaucoup d’écrivains et de poètes mais très peu de philosophes. Finalement a surtout régné dans nos espaces publics respectifs ce qu’un Perse nommait « la sauterelle verte du sophisme » La revendication identitaire a bien produit positivement une identité culturelle, la fierté d’être Martiniquais ou Guadeloupéen, mais la transcription politique de cette identité reste encore balbutiante. Faut-il nécessairement l’indépendance pour cela ? Peut-on penser d’autres modes d’intégration ou d’appartenance à la république française. Ces questions restent posées, surtout dans un monde actuel où les appartenances nationales vacillent. Ce qu’il faut, c’est les vivre positivement et patiemment comme questions et dans une autre logique que celles des identités nationalistes fermées. Notre propre histoire réclame cette ouverture. Ce qu’il faut développer, comme me le dit souvent JP. Sainton, c’est l’accès à une claire conscience politique de nous-mêmes, que nous passions de peuples-culturels à peuples-politique. Comme personne parmi nous n’a la réponse, il faut un espace public politique et non politicien nous permettant de penser notre avenir.
IV
Voilà pourquoi mes chers détracteurs, je réclame le débat entre intellectuels antillais. Et croyez bien que « je parle dans l’estime ». Si je reprends ici une expression célèbre de Saint-Jonh Perse, ce n’est pas, ne vous trompez pas, que j’ai pour vos pratiques une quelconque estime. Elles me sont odieuses car elles visent à fermer le débat par une accumulation d’arguments ad hominem. L’estime, c’est lorsque l’on fait le point en mer en relevant des amers. Comme nous ne savons pas très bien où l’on va, dans cette estime, il nous faut parler et communiquer. Au-delà de vous, je m’adresse à mes amis martiniquais. J’aurais préféré que vous soyez mes contradicteurs plutôt que mes détracteurs car je ne peux penser dans l’absence de dialogue. La philosophie et la politique n’étant pas une science, nul ne détient la vérité en ce domaine, je peux me tromper et voilà pourquoi je veux échanger réellement. Mais nos pays n’ont pas une tradition d’espace public digne de ce nom. L’injure, traditionnellement, remplace l’argument. Contre Confiant, je crois avoir argumenté, car n’étant ni écrivain ni universitaire et ne vivant pas en Martinique, je ne nourris nulle rivalité, nulle haine envers cet écrivain. Et quand je pense à l’inénarrable Dédé Lucrèce, c’est avec une certaine émotion. Cela me renvoie à quarante ans en arrière, à Bordeaux, où nous nous retrouvions un certain nombre d’étudiants antillais, à constituer une timide mais véritable communauté intellectuelle. Il y avait Georges Mauvois, dit Ti-jo, l’haïtien Bérard Cénatus, le plus brillant de nous tous, André Pierre-Louis dit « soup » et plus tard, Monchoachi, René Achéen dit Renato, Serge Harpin, venu plus tard, d’autres que j’oublie mais aussi celui que j’appelais déjà l’inénarrable Dédé Lucrèrce. Les logiques politiques de l’époque, notamment celles de l’AGEG ont brisé un tel élan. C’est l’histoire. Un étudiant m’ayant déclaré à l’époque qu’il n’était pas normal que j’étudie Spinoza alors que les paysans guadeloupéens mourraient de faim, je rentrai en Guadeloupe militer avec les paysans de l’UTA. Je ne regrette rien non de rien.
La seule compassion que je peux avoir pour vous – ce qui fait et vous le sentez bien que je n’ai nulle haine pour vous — est due au fait que tous, surtout les gens de ma génération, nous partageons la même désillusion, la même interrogation. Comment se fait-il que nous soyons les seuls pays anciennement colonisés à n’avoir pas accédé à l’indépendance nationale ? Je reste persuadé que notre erreur est d’avoir repris des logiques identitaires les plus pernicieuses, élaborées en Occident, notamment l’ultra-nationalisme, au lieu de penser une politique de
Quant à moi, je suis prêt à intervenir sur les questions du nationalisme, du républicanisme, de l’identité culturelle et de l’identité politique. Mon ami Jean-Pierre Sainton qui ne partage pas du tout les mêmes idées que moi, me rejoint dans ce souci d’élever le débat entre antillais. En ce qui vous concerne, chers détracteurs, je ne vous crois pas capables d’élever le débat sinon vous n’auriez pas écrit le texte que vous avez signé. Au-delà de vous, c’est à d’autres que je parle. Pardonnez-moi de vous instrumentaliser ainsi en quelque sorte mais vous l’avez bien cherché. Vous allez continuer, parions-le, vos basses attaques. Je connais déjà la panoplie de toutes ces attaques possibles. Je vous conseille vivement, si vous voulez renouveler vos insultes, de vous référer au journal guadeloupéen Le Motphrasé dirigé par Michel Rovelas. Là, il y en a de belles ! Vous apprendrez que je suis à la recherche de médailles (bien qu’ayant refusé les Palmes académiques et à deux reprises,
Sur ce, chers contradicteurs, je vous quitte. J’ai passé au fond un très bon moment avec vous, que je fais d’ailleurs partager à d’autres. Mais l’affaire Confiant, du moins je le souhaite, aura eu le mérite de provoquer un débat salutaire chez nous tous. Espérons qu’il pourra se poursuivre dans la bonne humeur.
Bonne année à tous.
Sainte-Anne, Martinique, le 30 décembre 2006-12-31
PS. J’ai écrit ce texte lors d’un bref séjour de quatre jours en Martinique. Je n’ai rencontré aucun intellectuel, je n’étais pas venu pour cela. J’ai été frappé par le fait que Sainte-Anne, commune dirigée par des indépendantistes, est très ouverte au tourisme. On s’y sent bien au fond. Très belle commune avec son cimetière sur le morne, donnant le dos à la baie où mouillent de nombreux voiliers venus des quatre coins du monde. Deux visions opposées de la quête d’éternité. Félicitations pour sa municipalité. Je n’ai voulu rencontrer que mes amis du tango argentin une manière pour moi, tout à fait esthétique, de participer à la beauté de la totalité du monde.