"Le Pénisator" 8
"Mais oui, confirme son cerveau, chaque fois que Rosario bouge les hanches, son sexe bouge aussi, comme s’il n’était pas attaché au corps."
Editeur: Max Paitch
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Mais la terre continuant sa course folle dans cet univers sans fin et sans raison et sans origine qui est le nôtre et dont un des continents aujourd’hui comme hier et comme demain pénètre dans la lumière après de nombreuses heures dans l’obscurité et le silence interstellaire des galaxies qui s’éloignent et se perdent (bref, c’est le lendemain matin), Rosario finit par se réveiller, comme nous le faisons tous (à divers degrés cependant). Il se passe la main sur les yeux, puis dans le bas ventre qui n’est pas tout à fait plat, mais plutôt boursouflé à cause des cicatrices, et constate qu’il n’y a toujours rien et laisse alors s’échapper un long et profond et triste soupire comme on en entend parfois en se promenant au zoo. Mais la vie étant ce qu’elle est et plus encore, il faut quand même se lever, se nourrir, aller à la selle et plein d’autres choses aussi sympathiques. Rosario, dont les veines sont remplies d’un sang non pas norvégien, ou viking, ou hun, ou wisigoth ou même romain, mais bien botswanais (c’est une longue histoire), décide alors de faire face à l’adversité, de ne plus baisser les bras, d’affronter ses démons, de se lancer dans la gueule du loup, dans l’œil de la tempête, dans l’ongle du blaireau, dans le groin du sanglier, dans la mâchoire du serpent, sur la langue de la mangouste, dans les pies de la chèvre, dans les débats constitutionnels, dans la recherche pour une théorie unifiée, de saisir le téléphone et d’appeler le service à la clientèle comme l’aurait fait un des ses ancêtres dans la savane (enfin, pas tout à fait comme ça mais vous voyez ce que je veux dire).
Évidemment, le service à la clientèle est d’une grande gentillesse ce message peut être enregistré votre appel est si important pour nous que nous le redirigeons vers un pays où l’on parle mal votre langue mais où les salaires sont très bas et avez-vous pensé à l’option payements directs ? Le, la, ce n’est pas très clair, représentant qui lui parle, lui offre ses excuses même s’il n’en a rien à foutre et promet de lui envoyer un modèle de rechange dans les prochains jours car la compagnie ne sait quoi faire des quatorze mille six cent vingt-deux nouveaux modèles bêta qu’elle a produits et qui engorgent ses entrepôts.
*
Bref, nous voici donc quelques jours plus tard (pendant lesquels tout se passe comme d’habitude avec, en prime, un tremblement de terre au Sri Lanka), et Rosario attend toujours impatiemment son modèle de rechange. Soudain, la sonnette se fait entendre ! Il (Rosario) se lève, va répondre. C’est FedEx qui lui remet un paquet. L’expéditeur est General Limbs et le paquet est d’une drôle de couleur car il a été fait en Tadjikistan où le tissu est tanné avec des pierres qui servent aussi à lapider. Rosario ouvre le paquet avec précipitation. Il y découvre ce qui ressemble à un T-2000 mais qui semble plus neuf, plus Hi-Tech que le précédent. Il le regarde, le tourne dans ses mains, l’examine avec soin. Il dépose la prothèse, fouille dans le fond de la boîte, y trouve une enveloppe qui lui est adressée et dont le contenu n’a pas été traduit par Guan.
Cher Monsieur,
Nous nous excusons des inconvénients que l’infection de votre T-2000 a pu vous causer. Nous avons récemment découvert que la contamination dont votre T-2000 a été victime s’était déclarée sur la chaîne de montage de notre usine de Bejing. Nous avons ainsi stoppé la production des T-2000 et rappelé tous les modèles sur le marché. Comme nous connaissons l’importance que vous apportez à votre modèle et puisque nous désirons vous donner entière satisfaction, nous vous envoyons ici, en remplacement, et avec toutes nos excuses, un T-3000 dont la production industrielle vient tout juste de commencer. Nous vous remercions de votre patience et vous encourageons à rester fidèle à General Limbs et à sa gamme de produits pénillo-lombaux.
Sentiments distingués.
Jean Clarence de Lafaissed’été (je n’invente presque rien).
Secrétaire général
General Limbs
Heureux, Rosario court vers la salle de bain, enlève son pantalon, dévisse son T-280 et y visse le T-3000 qui est, il faut l’avouer, très beau dans son genre (s’il y a un genre pour ces choses-là). Mais Rosario a beau visser, visser, visser, le (putain) de T-3000 ne veut pas se fixer à la dicking station. Énervé, Rosario se précipite au salon, prend la boîte dans ses mains, la tourne dans tous les sens mais n’y trouve rien. Puis ses yeux tombent sur le paquet dans lequel était emballé le T-3000 :
T-3000 : Model 236tyr784r, made in The People’s Republic of
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Comme il se doit face aux défis sans fin que la vie nous force à affronter, surtout nous Occidentaux, déchirés comme nous le sommes par la faim, la soif, la peur, le froid et les tempêtes de sauterelles (euh, attendez une minute, qu’est-ce que je dis là ?), Rosario, dont le sang botswanais coule toujours dans les veines (où voulez-vous qu’il coule), décide d’utiliser à fond ce merveilleux système de santé qui est le nôtre et qui nous permet de mourir comme le faisaient nos ancêtres, sale et couvert d’urine dans une chambre mal chauffée, et prend la décision de joindre un groupe de rencontre pour ceux qui, comme lui, ont subi une ablation qu’ils ne montrent pas aux invités pendant les fêtes de Noël. Le voici donc, par un beau jour d’automne, le vent soufflant doucement dans les feuilles colorées de rouge, de jaune, de vert, d’ocre et de sacs de plastique, le fond de l’air étant frais et sans ozone mais tout à fait agréable, marchant allégrement, avec sa nouvelle dicking station et son T-3000 tout neuf, vers cette première rencontre avec ce groupe dont il a trouvé le nom, l’adresse et les heures d’ouverture sur Internet alors qu’il cherchait des photos de jeunes femmes habillées (ce qui est difficile). Au bout de quelques minutes, il trouve l’immeuble, un immeuble construit dans les années précédentes et fait de matériaux divers et ayant portes, fenêtres, sonnette et planchers, et y pénètre. Il prend alors l’ascenseur dont les portes s’ouvrent devant lui et se ferment derrière lui et dans lequel il appuie sur un bouton pour rejoindre l’étage où il doit se pointer (ça va, vous me suivez, le tout est assez précis ?). Il arrive finalement devant une porte de couleur bleu poudre, ce qui le fait hésiter quelques instants. Mais, bon, il entend des voix à l’intérieur et, prenant son courage, à défaut d’autre chose, à deux mains, il ouvre la porte et entre.
Dans le milieu de la salle, il voit plusieurs hommes assis en rond. Ils semblent tous d’un certain âge. Ils ont les yeux tombants, le visage marqué par les échecs, les épaules lourdes des erreurs et injustices qu’ils ont subies (que c’est triste tout cela). Rosario, qui est le plus jeune et certainement le plus beau, avance d’un pas hésitant. Toutes les têtes se retournent, le regardent et ne savent pas quoi penser. À l’extérieur du cercle, un homme est debout, enthousiaste, une bosse, légère mais visible dans son pantalon, en pleine possession de ses moyens. Il porte une mince barbe, finement taillée. Il est habillé simplement, veste de laine, chemise, jeans, détendu mais élégant. Il a, à peu près, 45 ans (en fait, il a exactement 46 ans, trois mois et 14 jours et il a déjà eu une longue aventure de trois toilettes avec Babar).
(le professeur) — Messieurs, bienvenue à cette 126e rencontre des Eunuques Anonymes. Je suis heureux de vous revoir tous ici ce soir. Jean, Maurice, Jack, Mohammed, Igor, Ingmar, Michel et notre petit nouveau, Rosario ! Rosario, vous voulez bien vous présenter ?
— Euh, je m’appelle Rosario. J’ai subi une extraction pénillo-lombale complète, il y a deux mois. Je suis âgé de 25 ans. J’ai été le plus jeune amputé total de l’hôpital Sacré-Cœur. J’ai, depuis l’opération, un implant.
— Jack : Un implant ? Lequel ?
— Rosario : J’en ai eu plusieurs : T-2000, T-280 et là, T-3000.
— Jack : T-3000 ? Non ?!! (il siffle d’admiration).
— Mohammed : C’est quoi ça un T-3000 ?
— Jack : Tu connais pas ? C’est le tout nouveau modèle de General Limbs ! J’ai lu plein d’articles là-dessus, c’est un truc fabuleux ! Facile d’installation, ça se déplie en quatre panneaux…
— Maurice : Quatre ? Wow !
— Jack : La batterie peut durer deux heures à vitesse maximum…
— Maurice : Deux heures ?!?! Putain, la chance !
— Jack : Et il y a même la commande vibrateur, c’est ce truc qui fait vibrer les couilles pendant que le T-3000 fonctionne.
— Maurice : Non ?
— Jack : J’te dis. Dans le journal l’autre jour, le critique l’a nommé ‘meilleure prothèse pénillo-lomballe’ de l’année. Meilleur que celle de Fujistu !
— Maurice : Non !
— Jack : Vrai comme je suis là ! Et en plus, J’ai entendu dire que tu avais les upgrades gratuitement ! Et que t’as tout un choix d’options incroyables ! Genre : Autoérotisation anale, autoérotisation manuelle, vibromassage, sourdine, et il y a même une télécommande !!!!
— Maurice : C’est pas vrai ! Putain, le rêve !
— Mohammed : Et tu fais quoi avec une télécommande ?
— Maurice : Mohammed, est-ce qu’il va falloir que je te fasse un dessin ?
— Jack : Tu peux même le recharger pendant que tu l’utilises !
— Maurice : Non !
— Jack : J’te dis. Y avait une vidéo sur le site de General Limbs où il te montre comment faire.
— Maurice : Faut que je m’abonne au haut débit.
— Mohammed : Alors, tu nous la montres ta super queue !
— Tous ensemble : Super queue, super queue, super queue !
Le professeur est un peu mal à l’aise, il ne sait pas comment réagir. Rosario non plus.
— Les autres : Super queue, super queue !
— Mohammed : Baisse ton froc !
— Jack : T-3000, T-3000 !
— Maurice : Bordel, qu’est-ce que je ferais pas pour un avoir un…
Rosario, hésitant, commence à déboutonner son pantalon. Pendant qu’il l’enlève, lentement, les hommes réagissent comme ils le feraient devant une femme. À mesure que le pantalon descend, les hommes s’excitent et crient de plus en plus fort.
— Super queue ! Super queue !
Rosario, gêné, baisse lentement sa culotte sous les cris des hommes. Lorsque celle-ci tombe complètement, le groupe se tait, surpris, admiratif, étonné, envieux, gros, laid, paresseux, bas de poitrine, haut de ventre, normal de yeux, lent d’oreilles, haleine de cheval, langue de serpent, nez d’aigle, pattes de canards et cuisses de grenouilles.
Jack s’avance lentement pour toucher le T-3000. Tout autour de lui, les autres sont silencieux, on dirait la scène des singes avec le monolithe dans 2001 et c’est mon ami Émile qui insiste pour que j’écrive cela parce qu’il ne sait pas que cette scène a déjà été empruntée sept cent quatre-vingt-six fois depuis trente ans.
— Rosario : Hé ho arrête, qu’est-ce que tu fais mec ?
— Jack : Venez m’aider vous autres.
Comme les singes autour du monolithe (sept cent quatre-vingt-sept), les hommes se précipitent sur Rosario, le saisissent, le couchent à terre et le tiennent fermement. Jack, qui semble tenir le rôle du mâle alpha, se penche vers le T-3000, le touche, pose avec beaucoup d’hésitation, ses lèvres sur la surface (sept cent quatre-vingt-huit), puis, satisfait, se met à le dévisser. Il dévisse, dévisse et dévisse et libère finalement le T-3000 de la toute nouvelle dicking station que Rosario vient d’acheter.
— Rosario : Hé, ho, rendez-moi ça, c’est pas un jouet !
— Le professeur : Messieurs, messieurs, un peu de tenue, je vous prie, messieurs !
Mais les hommes sont complètement fascinés par le T-3000. Ils le posent sur une petite table dans le fond de la salle et l’examinent avec soin. Rosario, dont le pantalon est à moitié remonté, crapahute alors jusqu’à eux, les pousse avec impatience et s’empare de son T-3000 d’un geste violent.
— Rosario : Bordel de putain de merde de truc qui m’apporte des emmerdes.
— Le professeur (il frappe des mains) : Messieurs, messieurs, on revient s’asseoir.
C’est ce qu’ils font, déçus, surpris, à la fois admiratifs et envieux. Dans le fond, Rosario est en train de revisser son T-3000.
— Rosario : Les cons, ils m’ont bousillé ma toute nouvelle dicking station, putain, au prix qu’elle m’a coûté, merde ! J’arrive plus à visser mon T-3000. Bordel ! Et moi qui ai un rendez-vous ce soir ! Putain, vous faites chier les mecs !
Rosario enfonce son T-3000 dans son pantalon sans le visser (le T-3000, pas le pantalon) et sort en clopinant. Dehors, c’est comme d’habitude, tout bouge et chahute et crie et klaxonne et se prend à la gorge et pleut, non neige, non pleut, et s’insulte, fraude, ment, vole, viole si c’est possible et parfois rentre même tranquillement sans donner de coups de pied au chien (parfois).
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Rosario est maintenant à la maison, il est rentré tranquillement (lui aussi), déprimé, tenant son T-3000 dans ses pauvres petites mains d’homme blessé sans même donner un seul coup de pied à un chien car il avait la tête ailleurs, faut le comprendre et le seul qu’il a croisé, de toute façon, était en laisse et tenu par un immense réfugié politique du Salvador, électricien bourreau de son métier, éduqué en Arabie Saoudite où le métier est très en demande et qui a pu pratiquer presque immédiatement après son retour au Salvador, le chanceux, c’est un métier plein d’avenir, car nombreux sont ceux qui, un peu partout dans le monde, manque d’électricité sur leurs testicules, leur anus, leur langue, et leurs oreilles. Il (Rosario, pas l’électricien bourreau qui est de retour chez lui et qui torture son fils) est assis à table. Devant lui, le T-3000 est posé à côté de la dicking station. Comprenant maintenant comment fonctionne le système capitaliste (chanceux), il s’est mis en tête de réparer lui-même son T-3000 et ce, malgré mes nombreux avertissements, c’est quand même moi qui écris l’histoire et qui pourrais lui imposer, d’un coup de crayon, une séance avec un réfugié guatémaltèque (le Salvadorien est occupé), recommandé par le gouvernement Uzbek. Mais Rosario n’en fait qu’à sa tête car il ne peut attendre les trois jours nécessaires avant la venue du technicien qui en profite généralement pour noter ce qu’il y a à voler et qui en parle ensuite aux copains des morceaux de Jimmy. Le voici donc (Rosario pas le technicien ni les morceaux de Jimmy) en train de réparer la dicking station, utilisant tournevis, petit marteau, petit brûleur, et tout et tout. Il porte même des lunettes de soudeur acheté pour un prix très raisonnable et ne protégeant rien du tout. Penché sur son travail, très concentré, il souffle, soupire, respire, inspire, expire, inspire, expire, inspire, expire, cligne des yeux, inspire, expire et soupire. Au bout de quelques minutes, il relève la tête, enlève ses lunettes, souffle sur la dicking station, regarde et semble satisfait.
— Rosario : Bon.
Il prend son T-3000 et le visse lentement sur le dicking station. Il regarde, serre un peu plus, prend un tournevis, serre une vis là, serre un truc avec une pince ici, relève le visage, semble une fois encore, satisfait.
— Rosario : Ah ! Bien !
Après avoir formulé ces deux extraordinaires remarques, il prend le T-3000 et la dicking station dans ses mains, les fait bouger, les agite, les renverse, d’abord délicatement puis de plus en plus fort. Tout semble tenir. Il agite ensuite le T-3000, le frotte à une main, deux, avec la bouche, se trouve idiot, grotesque et pense alors au dernier film de Catherine Breillat. Tout tient cependant. Un sourire semble finalement apparaître sur son visage, je dis semble parce que le T-3000 est toujours dans sa bouche et il est difficile de clairement distinguer à moins de s’approcher, ce que je vous laisse libre de faire, moi je peux pas à cause de l’odeur. Finalement, il donne un bon coup à la dicking station (le T-3000 toujours dans sa bouche) et se sent comme une prostituée mais sourit néanmoins, le tout, le T-3000, ses dents et sa mâchoire, restant en place. Puis, il retire délicatement le T-3000 de sa bouche et nettoie les fils de bave qui y sont collés avec une solution de trois quarts de liquide et un quart d’eau et se précipite dans la salle de bain pour nettoyer ce merveilleux goût de fleur d’oranger couvert d’insecticide qui traîne sur sa langue.
Satisfait, Rosario regarde sa montre, sursaute, il est presque l’heure de son rendez-vous, c’est qu’il est persévérant ce petit, il veut absolument s’accoupler, envers et contre tout ce que je m’entête à lui faire subir, c’est son sang botswanais, faut le comprendre, et d’ailleurs pourquoi vivre, je vous le demande, si ce n’est pour propager ses gènes égoïstes dans tous les utérus possibles et contrer l’invasion inéluctable des poumons magnanimes, des rates charitables, des intestins désintéressés et des colons fraternels qui logent à l’intérieur des penseurs de gauche qui visitent les hospices et s’agenouillent devant les camps et pleurent la veuve et passe la main entre les fesses de l’orphelin et remplacent le péché originel par le capitalisme originel ? D’ailleurs n’est-ce pas pourquoi nous sommes là, vous et moi, et même lui là-bas qui regarde la télévision et ne sait même pas qu’il ne sait rien et qu’il pense à moins que ça, car nos ancêtres ont, pardonnez-moi l’expression cher lecteur sensible qui tourne doucement les douces pages de ce texte et qui le lit sous la lumière tranquille et chaude d’une lampe de chevet achetée chez Fly et que possèdent aussi votre voisin et le voisin de celui-ci et le suivant et celui qui le suit et l’autre après et le voisin de celui-là et sa mère, son père, sa sœur et même son frère qui écoule des jours paisibles à l’hôpital Sacré-Cœur habillé d’une chemise bleu poudre et noyé dans les anxiolytiques, baisé (ça commence à ‘car nos ancêtres ont’ un peu plus haut) ? Et bien baisé ? Et baisé et encore baisé et toujours baisé malgré les loups, les hyènes, les serpents, les jaguars, les couguars, les léopards, les hagards, les gérards, les flemmards, les cloportes et les partisans de la droite religieuse ? C’est donc dans ce respect des plus grandes traditions de l’espèce humaine qui accompagne toute action d’une petite fellation, toute guerre d’une petite célébration si collective que les jeunes filles en meurent vidées de leur sang, toute découverte d’un viol, toute prise du pouvoir d’une saisie de cuisses, de seins et d’anus, que Rosario persévère, ne se décourage pas ni jamais, se lance, pieds et T-3000 joints, dans la plus grande aventure qui soit : trouver une partenaire dont l’ex-mari paye déjà la pension alimentaire.
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Bref, Rosario ce cher et persévérant protagoniste, est de retour dans une disco, une autre car il y en a plusieurs (évidemment), mais celle-ci est particulière car elle vient à peine d’ouvrir et Babar n’a pas encore eu le temps de fréquenter ses toilettes mais ça ne devrait tarder le voici en ligne parlant doucement à une trois quarts idiote jeune fille complètement charmée par ses muscles et qui ne sait pas ce qui l’attend. Toujours aussi bien habillé, toujours aussi élégant, bien qu’il ait perdu de son assurance depuis le début de ses aventures, Rosario est en train de parler avec une jeune et jolie et jeune et seulement quatre cinquième idiote jeune femme qui ne fréquente pas les toilettes des discos mais bien celles de ses professeurs à l’université. Il la regarde en parlant, mais elle ne le regarde que du coin de l’œil (car du coin des oreilles c’est plus difficile) lançant ici et là de furtifs coups d’œil à son entrejambe (celle de Rosario, la sienne elle connaît), impressionnée par cette même entrejambe dans laquelle repose le T-3000 et son joint d’étanchéité (breveté). Mais ne voici pas qu’il s’approche d’elle (Rosario pas le T-3000, enfin le T-3000 aussi mais pas de la même façon), qu’il lui (pas le T-3000) susurre des mots doux, lui caresse le visage, l’embrasse légèrement dans le cou (toujours pas le T-3000) et l’invite à danser (le T-3000 ne danse pas).
Les voici qui dansent sur la piste de danse entourés de danseurs qui dansent sur la piste de danse en écoutant la musique dance. Ils (Rosario, la fille, les danseurs et la piste) semblent bien s’amuser. Mais rapprochons-nous un peu de Rosario cher lecteur (vous pouvez vous rapprocher de Jean-Marc un peu plus loin si vous voulez, mais je vous préviens il sent mauvais des orifices stratégiques). De temps en temps, tout en dansant, Rosario s’approche de la fille, la prend dans ses bras, lui effleure le visage, les seins, les fesses, lui murmure des choses qu’elle ne comprend pas parce que la musique est trop forte mais qui la font rire parce qu’elle est quatre cinquième idiote. Puis, il se retire légèrement et se met à danser devant elle avec toute la passion et la sensualité possibles dans une discothèque où les cris qui viennent des toilettes font reculer les chiens policiers qui gardent la porte. La fille se prête au jeu avec plaisir car elle n’a rien d’autre de prévu ce soir et qu’il y a ce truc dans le pantalon. Puis, la musique change, elle devient plus rythmée, plus techno, plus dance (ce qui est possible, m’a-t-on assuré). Rosario suit le rythme. La fille le regarde avec plaisir, charmée (car elle n’a toujours rien de prévu pour ce soir et il y a toujours le pantalon). Mais soudain, alors qu’elle le (Rosario pas le pantalon) voit danser avec de plus en plus d’entrain, elle s’aperçoit que quelque chose bouge dans ce même pantalon (dont on commence à beaucoup parler si vous voulez mon avis). En fait, chaque fois que Rosario se fait aller les hanches, quelque chose bouge dans le pantalon et suit le mouvement des dites-hanches. La fille d’abord étonnée, fronce les sourcils. Puis elle regarde avec attention du haut de son quatre cinquième cerveau qui n’est pas habitué à résoudre des problèmes d’ordre aussi complexe. Mais oui, confirme son cerveau, chaque fois que Rosario bouge les hanches, son sexe bouge aussi, comme s’il n’était pas attaché au corps.
La musique devient alors de plus en plus rythmée et Rosario qui, pour la première fois depuis la page 3, a oublié ses problèmes érectiles, danse avec de plus en plus de passion, souriant à la fille, détachant un ou deux boutons de sa chemise pour la charmer, les cheveux mouillés par la sueur. Mais plus il danse, plus le sexe bouge. Finalement, il se colle à la fille, colle ses hanches aux siennes, les fait aller dans un mouvement circulaire. La fille recule, elle regarde Rosario avec inquiétude, car elle a senti quelque chose bouger contre elle à la hauteur du sexe de Rosario. Lui (Rosario, pas le sexe) ne s’aperçoit de rien et continue à danser. Mais plus il danse, plus le T-3000 se balance à gauche et à droite. La fille et son cerveau n’en pouvant plus, ils poussent tous les deux un cri et disparaissent ensemble (ce qui n’est pas toujours le cas) sans demander leur dû.
Rosario arrête de danser, regarde la fille qui s’enfuit (avec son cerveau). Il reste là, surpris, hébété. Puis, il regarde son entrejambe. Le T-3000 a presque entièrement glissé sur sa hanche. Rosario plonge la main dans son pantalon, tire le T-3000. Celui-ci est complètement détaché de la dicking station et ne tient, littéralement, que par un fil.