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"Le Pénisator" 7

— 2e médecin : VOTRE T-2000 A ÉTÉ INFECTÉ PAR UN VIRUS !! — Un virus ? Mais comment est-ce que c’est… — 1er médecin : Un virus informatique !

Editeur: Max Paitch

Max Paitch est né à Berlin il y a de ça quelques années. Abandonné par sa mère à l’âge de six ans, il a été recruté par les milices de l’extrême centre pour lesquelles il a travaillé comme démineur volontaire pendant plusieurs années. À l’âge de 18 ans, il a connu une relation torride avec Vanessa Paradis, qui était encore jolie à cette époque mais qui lui a préféré Johnny Depp, allez savoir pourquoi. Après l’invasion du Koweït par l’Irak, Max Paitch s’est engagé dans l’armée canadienne dont il était une des quatorze nouvelles recrues depuis deux ans. Chargé des services de renseignements (les latrines ? À gauche), il fut racheté par l’armée botswanaise en échange de deux caisses de munitions que l’armée canadienne ne pouvait acheter, faute de moyens. Blessé gravement lors d’une opération suicide dans un centre communautaire pour femmes battues (au Koweït, toujours est-il), il fut rapatrié au Canada, les Botswanais ne voulant plus s’en occuper, où il habite encore aujourd’hui, en faisant tout en son pouvoir pour éviter les provinces maritimes. Anencéphale à ses moments, il s’est lancé dans l’écriture après avoir vu des photos de l’immense maison de Bernard-Henri Lévy qui, il est vrai, n’est pas vraiment un écrivain. Aujourd’hui Max Paitch enseigne la mythologie à de petits psychopathes qui fréquentent l’école publique et que personne n’arrive à distinguer des autres.
 

19

 

 

Il l’a suit, pénètre dans l’atelier de réparation, le traverse, entre dans une autre salle puis dans une troisième puis dans une quatrième, une cinquième, une sixième, une septième et tout et tout jusqu’à la vingt-deuxième salle (et remerciez-moi de m’être arrêté à sept). Chaque salle est protégée par un système de sécurité de plus en plus élaboré (avec mot de passe, sas, rideaux) racheté à l’armée américaine après la longue et sanglante invasion des îles caïmans, du genre salle de contrôle de virus terrifiants comme ceux qui ne se sont pas encore échappés des laboratoires. Finalement, Rosario et la femme pénètrent dans une salle vide où trois médecins sont debout autour d’une table d’opération au centre de laquelle trône le T-2000 de Rosario.

 

 

— 1er médecin : hum…

 

— 2: hum…

 

— 3: hum…

 

— Femme : Le voici.

 

 

Les trois médecins se retournent, regardent Rosario sévèrement. Rosario leur tend la main.

 

 

— 1er médecin : Ne bougez pas !

 

— 2e médecin : C’est très grave vous savez.

 

— 3e médecin : Nous travaillons pendant des années pour éviter une chose du genre et un imbécile comme vous arrive et bousille tout !

 

— 2e médecin : Vous savez quel est le problème ?

 

— Rosario : Euh non.

 

— 2e médecin : VOTRE T-2000 A ÉTÉ INFECTÉ PAR UN VIRUS !!

 

— Un virus ? Mais comment est-ce que c’est…

 

— 1er médecin : Un virus informatique !

 

— Un virus informatique ?

 

— 2e médecin : Oui, créé aux Philippines et qui s’attaque spécifiquement aux produits de General Limbs !

 

— ah…

 

— 3e médecin : Et vous savez ce que fait ce virus ?

 

— Non.

 

— Il provoque des MTE.

 

— Des MTE ?

 

— Des maladies transmises électroniquement !

 

(J’aurais pu écrire un bon texte de science-fiction avec ce truc).

 

— Ah bon ? Et…

 

— Et si ce n’était que votre T-2000 qui est infecté ! Si ce n’était que ça ! Mais ces virus philippins se disséminent à une vitesse folle !

 

— Ah bon… et c’est dangereux ?

 

— Non, pas pour les humains, mais pour les produits de General Limbs, c’est mortel ! Venez, nous allons vous montrer.

 

 

Rosario les suit. Le groupe sort de la pièce. Pénètre dans une autre salle remplie de produits General Limbs, et je m’arrête ici quelques instants cher lecteur car chaque fois que j’écris cette scène, je ne peux m’empêcher d’être ébloui. Comme c’est extraordinaire, ne trouvez-vous pas, toutes ces parties du corps que vous pouvez acheter et vous faire remplacer et par lesquelles vous avez une chance de survivre s’il n’y a pas eu de rappel du produit car l’usine de Jakarta a éprouvé certains problèmes avec les guérilleros bien habillés, bien nourris, bien vitaminés, parfois même bien baisés quand ils ont la chance de tomber sur un village endormi, et surtout bien commandités par Limbs International de Dallas, qui ont kidnappé la fille du directeur qui, dieu soit loué, est une autochtone, et l’ont renvoyée petit à petit et bout par bout par colis par la poste sans même utiliser FedEx et l’ont forcé (le directeur, la fille ne pouvait plus vraiment le faire) à livrer les secrets industriels de General Limbs qui n’ont rien de particulièrement secrets (les secrets) si ce n’est l’utilisation du général Terreblanche pour ouvrir à coups de machette d’inédits et récalcitrants et sympathiques nouveaux marchés et tout se serait bien passé si un employé un peu nerveux n’avait pas renversé la culture de culture sur quelques organes artificiels et difficile d’arrêter la chaîne de production maintenant, les Occidentaux ont un bon système immunitaire ce rappel est inutile mais que voulez-vous nous pensons à nos patients vous serez peut-être un jour si tout va bien probablement il est possible dans toute éventualité si nous sommes poursuivis en cour vous faire peut-être éventuellement compenser mais bon, le tout continue de bien se vendre avec une bonne marge de profit ainsi que le découvrent avec joie les investisseurs lors du rapport annuel imprimé sur du papier glacé chez JeanPaul Imprimeur où travaille Babar pendant la journée et n’est-ce pas fantastique tous ces recoupements, on se croirait dans un film de Lelouch mais en mieux (évidemment). Bref, Rosario est dans cette même salle remplie de centaines d’organes artificiels (et moins artificiels et plus cambodgiens, mais ça c’est un des secrets). Devant lui, face à une table remplie de ces produits grouillants et visqueux, se tiennent les trois docteurs et la femme qui marche toujours aussi normalement puisqu’il n’y a encore et toujours rien à cicatriser dans son cas.

 

 

— (la femme) : Vous possédez une dicking station ?

 

— Euh, oui…

 

— Bon, alors déshabillez-vous ?

 

— Pardon ?

 

— Déshabillez-vous.

 

— Non mais ça va pas ou quoi ?

 

— 1er médecin : Déshabillez vous et plus vite que cela !

 

— Non mais attendez là.

 

 

Et comme nous sommes dans l’immeuble General Limbs qui a reçu, grâce à quelques gentilles et habiles et friponnes jeunes femmes récemment immigrées d’Ukraine, récemment rachetées par la mafia hongroise et récemment battues par un client sud-américain et qui se sont oh, comme par hasard, retrouvées un matin, un midi et un soir et le lendemain matin, le lendemain midi et le lendemain soir et le surlendemain matin et (bon, vous avez compris), à la résidence d’été du ministre de l’immigration qui les avait, d’ailleurs, lui-même choisies grâce à un merveilleux et très complet catalogue sur Internet, bref, grâce à ça, l’immeuble a finalement (je dis finalement car il a quand même fallu leur percer plusieurs nouveaux trous) été déclaré espace diplomatique ce qui permet d’y faire tout ce qu’on y fait tout à fait normalement dans les stations de police de Syrie, bref comme il est maintenant dans cet immeuble, Rosario ne se fait donc pas offrir le choix d’obtempérer ou non, et quelques très courts instants plus tard des gardes de sécurité musclés, habillés de noir, avec lunettes de soleil, petits écouteurs dans l’oreille et démarche à la Sylvester Stallone parce qu’ils n’ont pas encore acheté de DVD et sont obligés de louer de vieux films, pénètrent dans la salle, s’emparent de Rosario, le couchent sur le lit, lui baissent pantalon et culotte et le tiennent en place.

 

 

— La femme : Hum… regardez ça.

 

 

Les trois médecins se penchent au-dessus de Rosario.

 

 

— 1er médecin : hum…

 

— 2e médecin : Ah, ah.

 

— 3e médecin : Je vois, je vois.

 

— La femme : Regardez comment la dicking station a été installée.

 

 

Elle plonge ses mains dans le bas-ventre de Rosario qui proteste.

 

 

— La femme : Intriguant non ?

 

— 1er médecin : Intéressant.

 

— 2e médecin : Et ça vous fait mal quand on appuie là ?

 

— Rosario : Aaahh !

 

— 3e médecin : Et là ?

 

— Rosario : Aaahhh !

 

— La femme : Cessez vos enfantillages, voulez-vous.

 

— Rosario : Arrêtez !

 

— La femme : Bon, calmez-vous et tâchez de répondre avec soin aux questions : Pourquoi avez-vous un T-2000?

 

— Rosario : Cancer des testicules.

 

— 1er médecin : Et vous étiez sexuellement actif avant l’opération ?

 

— Rosario (faiblement) : Oui.

 

— 2e médecin : On vous a tout enlevé, vous le savez ?

 

— Rosario (faiblement) : Oui.

 

— 3e médecin : On n’a vraiment, mais alors vraiment rien laissé ! C’est très rare, vous savez. Très, très rare ! Il n’y a vraiment rien.

 

— 2e médecin : C’est parfaitement, complètement lisse.

 

— 1er médecin : Aucune possibilité de reconstruction !

 

— 3e médecin : Ah ça, c’est vraiment hors de question !!

 

— 2e médecin : Vous êtes, en quelque sorte, un véritable, authentique et parfait eunuque.

 

— 1er médecin : Ce qui est très rare !

 

— 3e médecin : Rare, parce qu’à quoi servirez un eunuque dans notre société ?

 

— 2e médecin : Bien dit.

 

— 3e médecin : Si on me faisait subir une telle opération, je n’hésiterais pas : mieux vaut la mort que cet état-là !

 

— 2e médecin : Tout à fait d’accord.

 

— La femme : Messieurs, pourrait-on rester concentré ? Rappelez-vous que le T-2000 de Monsieur est infecté.

 

— 1er médecin : Oui vous avez raison.

 

— 2e médecin : Alors cher ami (il se penche vers Rosario). Regardez l’effet de votre T-2000 infecté.

 

 

Il prend le T-2000, le visse dans la dicking station. L’allume. Le déplie. 

 

 

— 3e médecin : Hum, bruyant !

 

— 2e médecin : Probablement un de la première fournée, ceux de Trinidad Tobago.

 

— 3e médecin : Ah oui.

 

— 2e médecin : Il y avait eu un problème avec le roulement à billes.

 

— 3e médecin : Qui venait de Russie !

 

— 1er médecin : Pardon collègue, de Biélorussie.

 

— 3e médecin : Ah oui, vous avez raison !

 

— La femme : Regardez-moi ça (elle touche le T-2000 de ses doigts gantés). Vous auriez quand même pu le laver !

 

— Rosario : Euh…

 

— La femme (elle soupire) : Bon, au moins on sait que vous l’avez utilisé.

 

— 1er médecin : Il l’a utilisé certes, mais sait-il l’utiliser ?

 

— 2e médecin : Ah, ah, ah, tout à fait, tout à fait !

 

— 1er médecin : Bon. Alors regardez maintenant.

 

 

Il appuie sur une télécommande. Le T-2000 tourne sur place et les hanches de Rosario se mettent à bouger.

 

 

— 1er médecin : Regardez bien. Quand j’appuie ici sur la fonction ‘vitesse accélérée’.

 

 

Et ce geste malheureux provoque alors, pardonnez-moi l’expression cher lecteur, le putain de bordel. Alors que le T-2000 tourne de plus en plus rapidement et que les hanches de Rosario s’agitent, elles aussi, de plus en plus rapidement (ce qui lui donne un petit air de danseuse de Hip Hop filmée en contre-plongée), tous les organes sur la table d’à côté se mettent à frémir comme s’ils passaient une audition pour un film de Cronenberg. Le cœur se met à battre à toute vitesse, les pupilles clignotent très vite, les muscles se tendent fortement, les orteils se plient à en craquer, le foie, euh le foie, le foie fait ce qu’il fait normalement mais plus rapidement et la vulve s’ouvre et se ferme vigoureusement.

 

 

— 1er médecin : Et quand j’appuie sur ‘dépliage complet’.

 

 

Les doigts et la langue se dirigent vers la vulve.

 

 

— 1er médecin : Et là, avec ‘régulateur vulvato-lombale’.

 

 

Les lèvres crapahutent vers les seins.

 

 

— 1er médecin : Comprenez-vous le problème ?

(moi ça va, et vous ?)

 

La femme éteint le T-2000. Tout s’arrête.

 

 

— La femme : Vous pouvez vous rhabiller maintenant.

 

 

Péniblement Rosario se lève, monte son pantalon. Il est épuisé.

 

 

— La femme : Nous vous tiendrons au courant.

 

— Rosario : Mais, et mon T-2000 ?

 

— La femme : Vous ne pouvez pas le prendre avec vous. Il est infecté, gravement infecté.

 

— Rosario : Mais, qu’est-ce que je vais faire en attendant ?

 

— La femme : Nous vous fournirons un modèle de rechange.

 

 

Elle appuie sur son walkie-talkie à l’épaule (racheté aux mercenaires de De Beers). Un homme, lui aussi en sarrau, entre alors dans la pièce au moyen d’une petite plate-forme à roues.

 

 

— La femme : Veuillez suivre le technicien.

 

 

Avant de sortir de la pièce, Rosario jette un dernier coup d’œil aux trois médecins et à la femme mais ils sont déjà penchés au-dessus du T-2000 et discutent avec intensité pendant que deux autres techniciens tentent de séparer lèvres et seins qui continuent de fonctionner malgré tout.

 

Rosario et le technicien (l’autre, celui à la plate-forme) sont maintenant dans l’entrepôt, rempli de produits étranges de General Limbs (que je vous ai déjà décrits, vous n’avez qu’à relire les pages précédentes). Rosario est obligé de courir pour suivre l’homme et sa plate-forme à moteur mais ça va, il est plus rapide depuis que rien ne pend et ne se bouscule dans son entrejambe (ce que n’ont pas encore compris les coureurs de 100 mètres avec leur maillot si moulant que même Mme Lafontaine suit les Olympiques maintenant). Puis l’homme s’arrête. La plate-forme s’élève. Très haut, sur une étagère, l’homme regarde, fouille, pense. Puis, il s’empare de quelque chose. Redescend. Tend un petit paquet à Rosario.

 

 

— Le technicien : Voilà.

 

— Rosario : C’est le T-2000 ça ? C’est beaucoup plus petit.

 

— Le technicien : Non, c’est le T-280. C’est le seul modèle qui nous reste.

 

— Rosario : Le 280 ? Mais il a quel âge ?

 

— Le technicien : Ah, il est pas neuf hein, ça c’est certain !

 

 

Rosario sort le T-280 de la boîte. Il ressemble au T-2000 mais est beaucoup, beaucoup plus petit et beaucoup plus simple.

 

 

— Rosario : Mais regardez-le, il est tout petit.

 

— Le technicien : Ah, vous savez ce qu’on dit : C’est pas la taille qui compte ! En tout cas, je peux vous assurer qu’il fonctionne bien. Douze ans qu’il est sur le marché, pas un rappel !

 

— Rosario : Pas un rappel ? Vous en avez souvent ?

 

— Le technicien : Ah ça oui ! Le T-400, le T-600, le T-1000. Le T-1000, ça a été le pire ! Blessures, hémorragies, coupures, tout y a passé. Mauvais modèle, c’est l’usine de Bagdad qui s’en était occupé.

 

— Rosario : Et le T-280 est bon ?

 

— Le technicien : Ah oui ! Très bon petit modèle. Fiable comme une Toyota ! Bon, c’est pas la Ferrari là, mais pour une utilisation régulière et calme, c’est parfait. Vous êtes pas dans des trucs bizarres vous ? Vous savez le cuir et les trucs là ? Les femmes étranges avec des boucles d’oreilles là où c’est pas une oreille ? Parce que le T-280 est pas fait pour cet emploi là.

 

— Rosario : Hum…

 

— Bon allez, je vous quitte, je dois m’occuper des volontaires de Bangalore, n’oubliez pas de remplir le formulaire pour la garantie, la sortie est un peu plus loin, juste après les détecteurs de mouvements, à gauche des gardes, pas ceux avec la mitraillette.

 

 

20

 
 

 

Que faites-vous cher lecteur quand tout va mal ? Vous nourrissez-vous de pâtisseries, de colère, de désœuvrement, d’apathie, de sport, de la torture de petits animaux ou faites-vous quelque chose de productif comme donner votre temps aux pauvres enfants drogués qui traînent dans la rue et qui sont plus bêtes que les chiens qui les accompagnent ? Dites-moi ? Peut-être préférez-vous ne pas en parler, faire semblant que tout va bien et vous faire lentement ronger de l’intérieur comme il se doit ? Peut-être êtes-vous de ceux qui préfèrent se payer un petit fusil automatique racheté à de bons et religieux défenseurs de la liberté de leur parole et de leurs attentats et qui ont envie de tirer sur un peu tout le monde jusqu’à ce que ça passe ? À chacun ses stratégies, tous les goûts étant dans la nature et parfois même dans celle des autres et qui sommes-nous pour juger tant que la balle nous évite ? Rosario, parce que c’est de lui dont il s’agit, je ne vous apprends rien (enfin pas rien, rien, une ou deux choses quand même), est évidemment très, très déprimé, nous (vous, lui et moi) sommes loin du début du texte quand tout allait bien et vous pouvez toujours y retourner quelques minutes pour lui faire plaisir, car le voici affûté non seulement d’un pénis artificiel mais d’un petit pénis artificiel qui, en plus, ne ressemble à rien et dont le modèle a surtout été vendu en Belgique là où les hommes en ont moins besoin. Si je puis me permettre une comparaison (et qui va m’arrêter, je vous le demande ?), c’est un peu comme se faire poser de vilains implants mammaires, s’injecter du gras dans les cuisses ou se faire percer l’iris.

 

Donc Rosario est déprimé. Il se traîne nu (ou ce qu’il en reste) dans son appartement, dérobant, ici et là, un coup d’œil au miroir pour bien comprendre l’effet du T-280 sur son profil (il n’y en a pas) et refusant de répondre au téléphone, de se laver ou même de manger des produits General Foods, de conduire des véhicules General Motors ou d’utiliser des produits General Electric et tout ça à cause de General Limbs, ce qui fait beaucoup de généraux et peu de qualité. Il tombe donc rapidement dans une importante dépression qui fait au moins 27 mètres de profondeur. Rosario finit par inquiéter ses amis qui décident alors de se pointer chez lui, de le sortir du lit, de le doucher, de l’habiller, de lui mettre un peu de Guerlain derrière ce qui aurait dû être ses testicules mais sont les fils d’embranchement du T-280 qui n’a pas été aussi bien dessiné et conçu que le T-2000 mais réalisé quand même entre New Delhi et Jalalabad et de le forcer à les suivre jusqu’à la nouvelle disco qui vient d’ouvrir et dont les videurs ne sont pas encore atteints de l’hépatite B. Bref, voici donc ses amis qui se pointent chez lui, le sortent du lit, le douchent, l’habillent, lui mettent un peu de Guerlain derrière ce qui aurait du être ses testicules mais sont les fils d’embranchement du T-280 qui n’a pas été aussi bien dessiné et conçu que le T-2000 mais réalisé quand même entre New Delhi et Jalalabad et le forcent à les suivre jusqu’à la nouvelle disco qui vient d’ouvrir et dont les videurs ne sont pas encore atteints, ah, non, trop tard, ils en sont atteints.

 

Mais il se passe quelque chose d’étrange dans cette nouvelle disco où les jeunes dansent, flirtent et se passent gentiment toutes sortes de petites choses frétillantes et vénériennes : les femmes ne regardent pas Rosario ! Je vois que vous êtes abasourdi cher lecteur, je vous comprends, je ne l’aurais pas cru non plus si je ne l’avais pas écrit moi-même. Mais c’est vrai, les femmes ne regardent pas Rosario et ceux qui me demanderont pourquoi perdront dix points, il ne faut tout de même pas exagérer. Bref, ça va mal pour notre super protagoniste et il faut le comprendre, comment vous sentiriez-vous si on avait échangé votre pénis pour celui d’un Bruxellois ?

 

Rosario reste donc assis sur le petit sofa où ses amis ont laissé leur manteau pour aller danser et se voit obliger de discuter avec Marco. Sentant rapidement l’incongruité d’une telle situation, sentant aussi le besoin de s’éclipser discrètement et ressentant, de plus, une envie d’uriner, Rosario décide de se rendre aux toilettes d’où il pourra ensuite glisser rapidement vers la sortie.

 

Mais comment Rosario fait-il pour uriner maintenant qu’on lui a tout enlevé, entends-je du fond de la salle ? Comment fait-il pour uriner, entends-je aussi, lorsqu’il installe son T-2000 ou son T-280? Quelles questions intéressantes me posez-vous cher et bienheureux lecteur. Vraiment ! Je vois que vous portez vraiment attention à ce qui se passe et je vous en sais gré, vous ne pouvez pas savoir comment, vous êtes mon lecteur favori et la prochaine fois vous attendrez qu’on vous donne la parole avant de parler. Bon. Alors c’était quoi déjà la question ? Ah oui. L’urine. Bon. Alors ainsi que vous avez pu vous en rendre compte depuis que vous avez entrepris la lecture de ce texte fascinant, mes connaissances générales sont vastes et touchent d’innombrables sujets et je n’ai aucun mérite mais quand même un peu. Malheureusement, ces années d’intenses recherches pour épanouir mon cerveau et sculpter mon corps d’acier, de feu, de fer et de sang (aurait dit Prévert), ne m’ont pas laissé le temps de me pencher sur le monde fascinant de la médecine. Je suis donc incapable de répondre à vos questions et Rosario ne semble pas avoir de problèmes de ce côté et arrêtez de m’énerver.

 

Bref Rosario veut faire pipi (entre autres) et entre donc dans la salle de bain très moderne, très branché, très hip, hop, bing, boum, plaf (vous voyez ?) où l’on ne peut pas avoir la diarrhée et restez assis pendant des heures. Toute évacuation qui a lieu ici doit être discrète et sentir le moins possible et tout bruit produit par un orifice y est strictement interdit. Bref, il s’agit plus d’un salon que d’une salle de bain et c’est pour ça qu’on peut s’y transmettre des fluides en faisant boum boum boum sur la toilette (renforcée). Un peu déboussolé, Rosario ne remarque pas qu’il semble effectivement se passer des boum, boum, boum dans la toilette de droite et pour ceux qui suivent le tout, sachez qu’il s’agit de Babar qui ne fréquente pas les bars mais leurs salles de bain. Mais, bon, il (Rosario) a envie d’uriner, le voici qui se dirige vers les urinoirs, cela va de soi, et dans le prochain texte je tâcherai d’éviter d’écrire des évidences mais c’est mon premier texte, donnez-moi une chance. Il se place devant l’urinoir central. Autour de lui, deux jeunes hommes, habillés de cuir, les cheveux en cavale, des boucles d’oreilles un peu partout sur le visage, urinent aussi. Un fume en même temps.

 

Soudain, un bruit étrange, comme un oiseau qu’on étouffe, se fait entendre et il ne s’agit pas de Babar qui a déjà tout fini et qui est en train d’essuyer la porte. Les trois hommes (Rosario et les deux autres) sont surpris mais personne n’ose bouger ou réagir. Seuls les yeux trahissent leur étonnement. L’homme à gauche arrête même d’uriner. Quelques brèves secondes passent. Babar sort sans se laver les mains suivi d’un pré-pubère un peu endolori. Les visages se détendent. L’homme de gauche se remet à uriner.

 

Puis, un autre bruit étrange se fait entendre, beaucoup plus fort cette fois, comme le même porc cachère qu’on tente égorger mais avec la barbe et la kippa ce n’est pas facile. Encore une fois, les trois hommes ne réagissent pas ouvertement. L’homme de gauche devint de plus en plus nerveux cependant et a, une fois encore, arrêté d’uriner (ce qui n’est pas bon pour la santé mais bon, je ne crois pas que ce soit le moment). Mais regardez bien cher lecteur, les trois hommes ne sont pas totalement immobiles ou complètement silencieux. Regardez. Là, au centre, Rosario est occupé à faire quelque chose avec son T-280. Il jure même à voix basse, l’entendez-vous ? Remarquez, cher et admirable lecteur, comme les deux hommes le regardent, de plus en plus étonnés, celui de gauche carrément inquiet. Remarquez, aussi, le malaise qui s’étend à toute la pièce alors que Rosario continue à marmonner en se regardant le bas ventre. Et écoutez ! On entend soudain un ‘Ping’. Vous le reconnaissez ? C’est celui si typique des ordinateurs Windows.

 

En l’entendant, les deux hommes sursautent et regardent alors ouvertement en direction de Rosario. L’homme de gauche, encore une fois, arrête d’uriner (ce qui n’est vraiment pas bon pour la santé, faudra que je lui dise). Puis Rosario se fait aller les mains toujours dans son bas ventre, semble appuyer sur quelque chose, s’énerve, appuie, appuie, appuie, de plus en plus nerveusement. À chaque fois, le ‘Ping’ résonne dans la salle de bain.

 

 

— (Rosario) : Putain de bordel, tu vas fonctionner truc de merde.

 

 

Ping, ping, ping.

 

 

— (la mâchoire serrée): Aaallleeezz.

 

 

Ping.

 

 

— Pu-tain de truc de putain de merde de machin qui fonctionne jamais de putain de ta mère qui me l’a vendu et gardé l’autre. Truc de vieux de merde !

 

 

Il frappe le T-280 plusieurs fois. Chaque fois, on entend le Ping.

 

Les deux hommes le regardent de plus en plus perplexes. L’homme à gauche n’a toujours pas recommencé à uriner (très, très mauvais). L’homme de droite, celui qui fume (mais qui urine, lui) et qui semble beaucoup plus calme, dit :

 

 

— Tu lui parles souvent comme ça ?

 

 

Rosario le regarde surpris, la bouche ouverte.

 

 

— Vous avez souvent des scènes de ménage comme ça ?

 

 

Rosario ne dit toujours rien. Il regarde l’homme puis tourne la tête et regarde l’autre homme (celui de gauche) qui, effrayé et nerveux, dit :

 

 

— T’as le droit tu sais…Les femmes…euh…les trucs, euh, là, savent jamais ce qu’elles veulent.

 

 

Rosario ne dit toujours rien. Il tourne la tête une nouvelle fois, regarde l’homme de droite qui lui dit :

 

 

— Et tu l’appelles comment ? Hum ? Mon p’tit chou ? Mon lapin ? Ma quéquette sucrée ? Hum ?

 

 

Rosario est trop surpris pour dire quoi que ce soit. On entend un Ping.

 

 

— Faudrait peut-être consulter ? Vous avez besoin de tirer les choses au clair on dirait. Va falloir tout sortir là, les vieux problèmes et tout et tout.

 

 

Rosario ne dit toujours rien. L’homme remonte sa braguette. Va au lavabo se laver les mains.

 

 

— Mais je suis curieux, vous vous êtes rencontrés où ? On vous a présentés ? C’est un ami de la famille qui a arrangé le tout ?

 

 

Il sort.

 

 

— Mes salutations à Madame !

 

 

Rosario se retourne alors vers l’homme de gauche qui n’a toujours pas recommencé à uriner et qui relève en vitesse son pantalon. Il recule vers la porte, en gardant toujours Rosario bien en face de lui. En sortant, il dit :

 

 

— Euh…mes…euh…salutations aussi. Et euh…aux…enfants…

 

 

Rosario reste immobile un court instant, puis il soupire, désespéré. Au même moment, on entend un Ping. Il remonte alors sa braguette avec agressivité. Ping. Puis il sort, enragé. Ping.

 

Ping, Ping.

 

Ping.

 

Dans la rue Ping, en appelant le taxi, Ping, dans le taxi, Ping (ce qui rend le chauffeur très nerveux, il en a pourtant vu bien d’autres, des soûlons, des prostitués, des prostituables, des désagréables, quelques tontons macoutes ici et là qui s’en lavent les mains (des lambeaux de peau qui collent au dos), des jeunes bacheliers à qui on a consacré des milliers de dollars et de milliers d’heures et des centaines de dévoués professeurs et qui sont encore plus bêtes qu’une bête que même le troupeau de Gnous aurait trouvé bête, deux hommes et leurs chiens entraînés (les chiens pas les hommes) à violer des prisonniers (je n’invente rien) et pressés de ne pas manquer leur avion prêté par tous les gouvernements pour retourner dans leur pays et le nôtre et le vôtre et surtout le leur, une mémé qui se meurt de l’hépatite B que sa nièce lui a transmise après avoir connu Babar, trois millionnaires à court de plaisir et même des premiers et des moins premiers ministres qui s’attouchent en attouchant la jeune fille du sénateur qui trafiquent des mineurs à toutes les heures, mais jamais, jamais, Ô Grand Jamé, n’a-t-il eu un client dont le sexe faisait Ping, Ping), en s’arrêtant à la pharmacie vingt-quatre heures, Ping, en trébuchant sur le trottoir, Boing Ping, en ouvrant la porte, Ping, en insérant la clé dans la porte, Ping, en se déshabillant, Ping, et même en enlevant le T-280, Ping.

 

Puis Rosario s’effondre sur son lit, crevé, épuisé, éreinté, exténué, claqué, vanné, bref il est fatigué et il s’endort donc tout de suite, n’entendant pas un dernier petit Ping étouffé alors que s’éteint le T-280.

 

 

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Les Chroniques de MF

Jacques Henric "« Vous êtes une gonzesse de premier ordre ». « Une fille comme toi mérite la première place ». Ces compliments sont adressés à cette très jeune femme, Mireille Havet, née en 1898, morte en 1932, dont quelques poèmes et un roman, Carnaval, valurent à leur auteur une relative célébrité, qui fut après sa mort aussitôt oubliée, et qui trouve aujourd’hui dans l’histoire littéraire la juste place qui lui revient."
Ludovic Monnerat "Les deux principales campagnes de contre-insurrection qui se déroulent sous les projecteurs éblouissants des médias sont-elles en concurrence ? L’hésitation de l’Occident, entre une guerre « juste » mais marginale et une guerre « illégale » mais centrale, témoigne d’une vision stratégique confuse."
Vincent Kaufmann "Les sciences humaines sont-elles réformables ? Doivent-elles être réformées ? Faut-il leur reconnaître au contraire un droit de figurer sur la liste des espèces en voie de disparition, à protéger d’urgence ? Ou même un droit à l’intemporalité, qui était jusqu’à présent plutôt une spécialité du Vatican ? Elles ne sont pourtant pas intemporelles, elles n’ont pas toujours été là, même s’il leur arrive de s’accrocher à cette illusion."
Luc Rosenzweig "Dans la catégorie "L'Américain que vous adorerez aimer", Barack Obama a toutes les caractéristiques d'un bon produit, et même d'un produit de grand luxe : jeune, métis, apparemment plus cultivé que son adversaire républicain. Il n'en faut pas plus pour que la machine à faire l'opinion en France se mette en branle, et martèle : "Ecce homo !""